Chapitre 1 · Diagnostic

La situation marocaine : des chiffres importants, des lacunes plus importantes encore

Un plaidoyer crédible distingue ce qui est établi, ce qui est ancien et ce qui doit encore être mesuré. Cette page propose une base prudente pour les mémorandums et les réunions.

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Données officielles les plus récentes

Les ressources humaines présentées en 2025

Chiffres annoncés par le ministre de la Santé devant la Chambre des conseillers en avril 2025. Ils constituent le meilleur point de départ publié, sans préciser la répartition régionale ni la charge de travail.

319

psychiatres dans le secteur public

2025
274

psychiatres dans le secteur privé

2025
62 + 14

pédopsychiatres : public puis privé

2025
1 700

infirmiers spécialisés en santé mentale dans le public

2025
À retenir123 postes ont été affectés en 2024–2025 : 34 psychiatres et 89 infirmiers spécialisés.
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Test de cohérence

La même source mentionne 3 230 professionnels de santé, mais le détail des catégories publiées n’aboutit pas à ce total. Il ne faut pas supposer l’origine de l’écart : transformons-le en demande d’information par métier, région et secteur.

Registre des preuves

Comment lire les chiffres sans induire en erreur ?

La valeur d’un chiffre pour le plaidoyer dépend de sa précision, de son actualité et de sa comparabilité. La date et le périmètre doivent toujours l’accompagner.

A

Une nouvelle fenêtre de politique publique

Le ministère a annoncé en 2025 la préparation d’une stratégie nationale, avec des services intégrés, des consultations externes, des équipes de crise et de la réadaptation psychosociale.

Solide et actuel · déclaration officielle publiée
A

Un profil national OMS actualisé

L’Atlas de la santé mentale 2024 fournit un profil système couvrant la gouvernance, le financement, l’information, les services, les programmes et les ressources humaines.

Source internationale officielle · données déclarées par l’État
B

2 431 lits et 454 psychiatres

Données rapportées par le CESE en 2022. Elles servent de référence publiée, mais pas d’inventaire actuel après l’évolution des effectifs.

Source institutionnelle · actualisation nécessaire
C

48,9 % des personnes interrogées

L’enquête 2003–2006 relevait au moins un des 25 troubles étudiés chez les personnes de 15 ans et plus. Cela ne signifie pas que la moitié des Marocains est actuellement malade.

Enquête nationale importante · trop ancienne pour décrire le présent
?

Ce que les publications ne permettent pas de savoir

Délais d’attente, ruptures de médicaments, réadmissions, couverture régionale, coût pour les familles, services pour enfants et plaintes par établissement.

Lacune de données · à convertir en questions officielles
Diagnostic structurel

Quatre lacunes à ne pas réduire au manque de psychiatres

01

Des données nationales obsolètes

La dernière enquête nationale globale publiée a été menée entre 2003 et 2006. Il n’existe donc pas de prévalence actuelle défendable avec confiance.

02

Une offre territorialement inégale

Le CNDH relevait que 54 % des effectifs comptabilisés se concentraient sur l’axe Casablanca–Rabat–Tanger. Cet indicateur ancien doit être actualisé par région.

03

Une réponse encore centrée sur l’hôpital

Les besoins dépassent les lits : soins primaires, équipes de crise, réadaptation, appui psychosocial et services de proximité sont également nécessaires.

04

Un coût invisible supporté par les familles

Transport, interruption du travail, accompagnement quotidien, recherche de médicaments et fatigue psychique restent insuffisamment visibles dans les comptes publics.

Le regard des familles

Ce que les statistiques hospitalières ne montrent pas

La famille n’est pas une ressource gratuite de soins. Elle est un partenaire qui a besoin d’informations, d’appui et d’un droit organisé à la participation, dans le respect de l’autonomie de la personne et de la confidentialité.

Charge temporelle

Accompagnement, déplacements, attente et gestion des crises.

Charge économique

Médicaments, consultations, perte de revenus et coûts indirects.

Charge psychologique

Épuisement, isolement, peur de la rechute et stigmatisation.

Charge informationnelle

Absence de parcours clair pour l’orientation, les droits et la gestion d’une crise.

De la lacune à la question

Sept questions à poser par une demande officielle d’information

Les intégrer au mémorandum
  1. Quel est le délai moyen avant une première consultation psychiatrique dans chaque région ?
  2. Combien de jours de rupture des médicaments psychotropes essentiels par établissement ?
  3. Combien de services intégrés et d’équipes de crise fonctionnent réellement, et non seulement sur le papier ?
  4. Comment les ressources humaines sont-elles réparties par région et entre milieux rural et urbain ?
  5. Combien de services de pédopsychiatrie et quelle capacité dans chaque région ?
  6. Que dépensent l’État et l’assurance maladie pour la psychothérapie et la réadaptation ?
  7. Comment les plaintes concernant la dignité, la violence et la contrainte sont-elles enregistrées et traitées ?

Les demandes peuvent être présentées sur le fondement de la loi 31.13 auprès de l’administration concernée ou via le portail de transparence. Retirez toujours les données de santé personnelles.